Traditions taurines

Photo abrivado à pleine vitesse

Mouriès, terre de tradition et d’aficion

Les Arènes municipales de Mouriès ont une forme bien particulière de fer à cheval. Dessinées ainsi par le Marquis Folco de Baroncelli, la piste est favorable aux cocardiers. Inaugurées le 26 juin 1927, on les surnomme « le Premier plan de Provence ». Les plus grandes manades, les plus redoutables cocardiers et les plus téméraires Razeteurs y ont connus la gloire auprès de nombreux publics.

Photos des arène de Mouries

Mouriès, terre de bouvine

Au fil du temps, les courses de taureaux connaissent divers lieux clos dans le village: l’enclos Peyre, Bouer, Genin ou celui de Guinde… Lors des fêtes votives de 1909 le manadier Etienne Bosse en organise au quartier de l’Hauture. Cette même année, le jeune poète Mouriésen Sully André Peyre commence à se faire connaître. Il publie douze numéros de la Regalido, journal en « lengo nostro ». Son désir le plus cher, avec son ami Elie Vianès, serait de séjourner sur les terres de l’Amarée aux Saintes-Maries-de-la-Mer; là où réside un jeune manadier de Camargue, aristocrate et poète…

Ce rêve se réalisera ! Trois ans plus tard, le Marquis Folco de Baroncelli, Elie Vianès et un Comité spécialement constitué, crééront les grandes fêtes Provençales. Lors de ces festivités, les taureaux seront amenés à pied depuis les Saintes-Maries-de-la-Mer, traversant Arles à une heure matinale et faisant étape dans la cour de Barrelet. Cette pratique fut peut-être à l’origine des Abrivado dans le village où les afouga les attendaient. Egalement en 1912, grâce à ces passionnés, les premiers statuts du Club Taurin seront déposés en la Souspréfecture d’Arles. Puis, on renouvellera ces festivités en 1913 et en 1914.

Course camarguaise (c)Jean Mansuy

Mouriès, terre de fêtes

En 1920, suite à la première grande guerre, les festivités reprennent toujours avec le même estrambord !Au programme : abrivado, tournois équestres, vin d’honneur, des courses de taureaux, des farandoles et un bal. Un char sans fond, accompagné de gardians, cheminera jusqu’à Mouriès avec les bêtes. Deux chevaux tirent l’engin afin d’éviter les incidents de parcours suscités quelquefois par les passions de quelques courageux lors de la traversée d’agglomération.

Au cours de ces fêtes, lou Marqués présentera de nouveaux jeux. La grande nouveauté de ces fêtes, sera le « ratié » (l’épervier) plus connu maintenant sous le « jeu du bouquet ». La jeune société de farandoleurs, la Mouriesenco, créée en 1910, et les Arlatenco du village se distingueront en participant aux festivités.

Mais le clou de la fête sera l' »Aubourage » (le porter en triomphe). Sur le signal de Vianès : « aubouras-lei ! », de solides garçons se saisissent de Baroncelli et de d’Arbaud. Ils les portent sur les épaules tout ton long du Cours Paul Révoil, sur lequel serpentent les farandoles. Un nouveau cri : « aubouras li chato ! », et voilà les provençales portées aussi en triomphe et applaudies à tout rompre. Ah ! Que d’Estrambord ! Le poète du Paradou, Charloun Rieu dira : « si je n’étais pas du Paradou, je voudrais être de Mouriès. Car c’est l’endroit qui me plait le mieux ». Denis Brunet, Charron du village et poète, lui répondra joliment :  » Si les hommes se greffaient, ils vous auraient greffés, Mouriésen ! »

La Cansoun Gardiano créée à Mouriès

Rentrant de Mouriès, Joseph d’Arbaud enthousiasmé, composera la Cansoun Gardiano. Toute la Provence et le Languedoc taurins la chanteront bientôt par coeur. Rien ne ternira l’éclat et n’atténuera la puissance d’enthousiasme et d’envoûtement de ces paroles. Même pas une autre guerre…

Après le succès des fêtes de 1920, il fut décidé de construire des arènes en dur car l’enclos Genin s’était révélé trop exigu. Sur les conseils du Marquis, des arènes en forme de fer à cheval furent construites sur le même espace. L’équipe des fidèles accompagne le Marquis à l’inauguration le 26 juin 1927, mais il n’y aura pas d’aubourage.

A Mouriès rien ne se passe comme ailleurs : on leur a réservé une belle surprise dont les conséquences auraient pu être dramatiques. Dans les platanes du Cours, des pièces d’artifices en forme de disques furent clouées et mises à feu dès l’apparition des premiers gardians de la Pegoulado. Les engins de feu, au bruit diabolique, tournant à toute vitesse et libérant des cascades d’étincelles, épouvanteront les chevaux. Toutes les Provençales, sauf deux, seront jetées à terre. On apercevra Riquette sous le ventre d’un cheval, entre ses quatre sabots. Les chevaux seront maîtrisés. On ramassera les jeunes filles, et on les remettra à cheval. Ouf ! Aucune égratignure. La Pegoulado repart, l’enthousiasme est à son comble…

Mouriès contribuera à écrire un peu l’histoire de la Course Camarguaise !

Alors parait d’une nouvelle structure, notre village s’enorgueillira de devenir le premier plan de Provence où les plus grands cocardiers fouleront le sable des arènes. Les plus grandes personnalités de la Camargue seront accueillies par des centaines de bénévoles et Présidents du Comité des Fêtes et du Club Taurin Mouriésen.

L’histoire de la Course Camarguaise Mouriésenne continue de s’écrire. Les générations se succèdent et apportent leur dévouement et leur talent à la cause. Au sein des associations, leur passion et leurs convictions sont les moteurs pour la préparation et la réalisation de courses extraordinaires. Elles sont au coeur des rencontres et des échanges, et aussi de la création de nouvelles festivités !

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